Généalogie

A leur mémoire…

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Aujourd’hui 11 novembre 2018, nous commémorons le Centenaire de la fin de la Première guerre. Plusieurs de mes ancêtres directs et collatéraux ont participé à ce conflit, certains y ont laissé leur vie, d’autres ont été blessé et d’autres encore ont eu la chance d’être mobilisé à l’arrière et n’ont pas connu les combats. Je veux ici leur rendre hommage, à eux, mais également à tous ceux qui ont été touchés dans leur chair ou dans leur vie par cette terrible période.

Je vous ai déjà  parlé de Joseph André Firmin CABANIS (le fils de mon arrière-arrière-grand-père paternel Joseph Cabanis), de René Joseph Paul LHERISSON (le petit-fils de mon arrière-arrière-arrière-grand-père maternel Plistène Lhérisson) et d’Odilon Louis VALMALLE (le neveu de mon arrière-arrière-arrière-grand-père paternel Auguste Valmalle) qui ne sont pas revenus du front.

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Frédéric Altier – Source : collection personnelle

 

Frédéric ALTIER, mon arrière-arrière-grand-oncle, est né le 27 avril 1873 à Saint-Jean-du-Gard (30). L’acte de mariage de ses parents, Frédéric Altier et Victoire Beatrix Valencin, comporte la reconnaissance de paternité. Le 27 octobre 1900, il épouse Anaïs AMADIEU à Aurillac (15). Le couple n’a pas eu d’enfants. Anaïs décède le 23 décembre 1913.

Frédéric est mobilisé, dès le début de la guerre, au 117e régiment d’infanterie territoriale. Sa fiche matricule nous apprend qu’il a été « atteint de plaie de la face, de la main gauche et de la cuisse droite par éclats de pierres et d’obus en exécutant les travaux de secours pour dégager les mitrailleurs ensevelis dans leur abris par suite de la chute et l’éclatement d’un obus de gros calibre à la cote de Senoux, secteur de Moilly (Meuse) le 2 avril 1916 à 10h30 » et que cela lui a valu d’être cité à l’ordre de son régiment. Le 4 avril, il est admis à l’hôpital des blessés et malades légers, secteur postal 29. Il en sort le 12 mai, soit une hospitalisation d’un peu plus d’un mois. Il est sorti en étant guéri (indication trouvée dans son dossier médical militaire). Il a bénéficié d’une permission chez son épouse, Joséphine Henriette Valentine GAUTHIER, à Carpentras. Il n’y a aucune indication de durée. Par contre, je sais qu’ils sont mariés le 30 septembre 1916. Se peut-il que sa permission dure jusqu’à son mariage ? Frédéric est retourné au front après sa permission puisque sa fiche matricule indique qu’il a fait la campagne contre l’Allemagne jusqu’au 28 décembre 1918 et a été placé en congé de démobilisation le lendemain. Je me demande comment il a vécu le retour au front… Je ne le saurai jamais.

Il décède le 24 septembre 1948, à Aubagne, à l’âge de 75 ans.

 

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Félix Armand – Source : collection personnelle

Félix Jean Pierre ARMAND, mon arrière-arrière-grand-père maternel, voit le jour au hameau du Fès-Bégon, sur la commune de Moissac-Vallée-Française en Lozère, le 19 octobre 1870. Le 18 août 1898 à Saint-Jean-du-Gard (Gard), il épouse Léonie Julie ALTIER, née le 17 septembre 1875 à Lézan (Gard). Il a 27 ans et elle 22. De cette union naissent cinq enfants : Hélène en 1899, Marcel en 1901, Adrienne en 1903,  Jeanne en 1905 et Eugène en 1907.

Félix est mobilisé pendant la Première Guerre mondiale. Sa fiche matricule nous apprend qu’il arrive au 56e régiment d’artillerie le 2 avril 1915. Il passe ensuite au 10e régiment d’artillerie à pied le 21 février 1917 avant de rejoindre le 40e régiment d’infanterie le 10 novembre 1917, date à laquelle il rentre chez lui en tant que « détaché agricole ». En effet, à partir de 1917, pour pallier à la baisse de la main d’œuvre agricole, le ministère de la guerre a décidé de mobiliser comme militaires travaillant aux champs – et non plus comme militaires au front – les propriétaires exploitants, fermiers et métayers (catégorie 1) mais aussi les ouvriers agricoles et agriculteurs des régions envahies (catégorie 2). Il a terminé sa campagne contre l’Allemagne le 22 octobre 1917 et a été libéré du service militaire le 10 décembre 1918.

Il décède le 22 juillet 1972 à Saint-Jean-du-Gard, à trois mois de son 102e anniversaire.

 

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Emile Frédéric Cambessède (photo présumée) – source : collection personnelle

Émile Frédéric CAMBESSEDE, mon arrière-arrière-grand-père maternel, est né à Saint-Jean-du-Gard (30), le 23 mai 1870, de Cambessède Auguste Frédéric (1826-1899) et Roques Louise Marie Aglaé (1830-?). Il a trois sœurs Émilie et Judith, plus âgées, et Héloïse pour laquelle je n’ai aucune information. Il épouse Alix MAURIN le 23 janvier 1896 à Saint-Jean-du-Gard. La famille s’agrandit avec la naissance de Charles Frédéric (1897-1898), d’Émilie Léontine (1900-1900), d’André Frédéric (1901-1970) et de Jeanne (1903-1994).

Émile est mobilisé dès le début de la guerre. Il arrive au 117e régiment d’infanterie territoriale le 13 octobre 1914 et est nommé caporal le 8 décembre 1914. Il bénéficie d’un sursis d’appel du 5 juin au 5 décembre 1915 en tant que boulanger à Alès. Le 9 mars 1917, il passe au Dépôt des Isolés coloniaux avant d’être détaché agricole, du 24 septembre 1917 à la fin de la guerre.

Il serait décédé en 1939, à l’âge de 68 ans.

 

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Joseph Gourdoux – Source : collection personnelle

Joseph GOURDOUX, mon arrière-grand-père maternel, naît le 22 septembre 1873 en début d’après-midi, au 18 de la rue Mandajors à Alès. C’est là qu’habitent ses parents, Isidore Gourdoux et Anne Bernouin. Joseph est leur troisième fils et l’avant-dernier enfant du couple. Le 10 décembre 1898, il épouse Valérie Louise Joséphine ALLEGRE, à Saint-Privat-des-Vieux. Il est employé du réseau ferré Paris-Lyon-Méditerranée (PLM) et en 1901, il est classé N.D. des chemins de fer PLM du 25 mai 1901 puis nommé affecté spécial.

 

Au moment de la mobilisation, il est « considéré comme appelé sous les drapeaux et maintenu à son emploi en temps de paix au titre des sections de chemins de fer de campagne (art 42 de la loi de recrutement et 164 de l’instruction du 20 juin 1910). Mobilisé à la 11e section de campagne, remis  à la disposition du réseau« . Il a donc servi son pays en continuant à assurer son travail au PLM.

Il décède le 4 février 1962, à Alès.

Aimé Jules MEYNADIER, mon arrière-grand-père paternel, est né le 22 mai 1881 au mas Août, sur la commune du Pompidou (Lozère). Ses parents, Louis Meynadier et Louise Alix Ausset, sont cultivateurs et ont déjà deux enfants, Louise Émilie et Émile Louis. Le 26 août 1905, au Pompidou, Aimé épouse Julie Sara Alphonsine CABANIS. Le couple va avoir sept enfants : Émile, Edouard, Numa, Paulette, André, Hélène (ma grand-mère) et Simone.

Sa fiche matricule nous apprend qu’Aimé est « appelé à l’activité le 24 novembre 1914″. Le 17 septembre 1915, il est « incorporé au 16e Escadron du train des équipages militaires« . Il est ensuite « placé en sursis d’appel au titre de l’usine à tannin Simon Cerf à Saint-Jean-du-Gard du 9 mars 1916 au 19 février 1919« , date de sa mise en congé de démobilisation.

Il décède le 14 avril 1969, à La Rochelle, hameau de la commune du Pompidou.

 

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Maurice Firmin Auguste Valmalle – Source : collection personnelle

Maurice Firmin Auguste VALMALLE, mon arrière-grand-père paternel, naît le 6 janvier 1870 au hameau du Crouzet, sur la commune du Pompidou. Le 24 juin 1897, il épouse Marie Léonie LAURIOL qui lui donne une fille, Amélie Marie, qui décède le 11 novembre 1898, quatre jours après sa mère. Il se remarie le 6 mai 1902 avec Alix Louise RAMPON. Elle donne naissance à 8 enfants : Marie, Fernand, Anna, Paul, Rosa, Alice, Marthe, Étienne (mon grand-père) et Sidonie.

Au moment de la mobilisation, il est « maintenu dans ses foyers comme père de six enfants vivants » et échappe ainsi au conflit.

Il décède le 23 mai 1948, à l’âge de 78 ans, sur la commune de Molezon (Lozère) au hameau du Puech.

 

Que cet hommage soit également une célébration de la Paix et du vivre ensemble.


SOURCES