Mon enquête sur Frédéric – épisode 1

Mon enquête sur Frédéric Altier, mon arrière-arrière-grand-oncle, a commencé il y a quelques semaines quand je suis tombée sur une photo ancienne dans une boîte que j’ai récupéré dans la maison de mes grands-parents. Elle représente un soldat en uniforme et une des nombreuses fois où nous avions regardé les photos avec ma grand-mère, j’avais noté au crayon à papier, au dos, « Frédéric Altier, père de mamée Léonie ».

frederic-altier
Frédéric Altier (détail) – Source : archives familiales

Je me suis replongée dans mes dossiers et j’ai retrouvé des éléments sur mamée Léonie (ma Sosa 31) : des actes d’état-civil que j’avais photographié aux Archives départementales du Gard, quand j’habitais encore dans mon sud et que j’avais le temps d’aller fouiller dans les registres. Je reprends donc ces actes et je remonte le fil.

ascendance-leonie-altier
Ascendance Léonie Altier – Source : Heredis 2015

Avant la naissance de Léonie, sa mère a eu trois autres enfants. Des enfants naturels : Marie en 1867, Étienne en 1868 et Frédéric en 1873 qui est, pour le moment, le seul dont j’ai retrouvé la reconnaissance. Un « je-ne-sais-quoi » me pousse à approfondir mes recherches sur lui, même s’il n’est pas mon ascendant direct. J’avais même prévu de faire de lui mon #RDVAncestral mais finalement, il m’oblige à une enquête en plusieurs épisodes.

Je sais donc que Frédéric est né le 27 avril 1873 à Saint-Jean-du-Gard (30). C’était 19 jours avant le mariage de ses parents Frédéric Altier (1843-?) et Victoire Beatrix Valencin (1838-1892). Leur acte de mariage comporte la reconnaissance de paternité.

18730516_altier-valencin-frederic_rec_30-saint-jean-du-gard
Reconnaissance de Frédéric Altier, 16 mai 1873 (détail) – Source : Brozer – Téléarchives

Son acte de naissance porte en marge ses 2 mariages et son décès :

  • marié le 30 septembre 1916 avec Joséphine Henriette Valentine Gauthier, à Carpentras (84)
  • marié le 7 février 1924 avec Marion Lydie Colus, à Marseille (13)
  • décédé le 24 septembre 1948, à Aubagne (13)

Il y a tout de même quelque chose qui m’interpelle : il se marie pour la première fois à 43 ans. C’est tout à fait possible mais j’ai l’intuition qu’il y a quelque chose d’autre. Pour en savoir un peu plus sur lui, direction le site des Archives départementales du Gard pour trouver sa fiche matricule.

Là, j’ai la confirmation qu’il y a bien quelque chose qui mérite que je m’intéresse à lui. La première chose que l’on voit en arrivant sur sa fiche est un gros placard indiquant qu’il a été « atteint de plaie de la face, de la main gauche et de la cuisse droite par éclats de pierres et d’obus en exécutant les travaux de secours pour dégager les mitrailleurs ensevelis dans leur abris par suite de la chute et l’éclatement d’un obus de gros calibre à la cote de Senoux, secteur de Moilly (Meuse) le 2 avril 1916 à 10h30 » et que cela lui a valu d’être cité à l’ordre de son régiment.

Le régiment en question, c’est le 117e RIT. Me voilà partie sur le site de la BDIC où je trouve l’historique du 117e RIT. Il n’y a rien dans le corps du texte mais en fin de volume, je trouve une liste avec toutes les citations, et il y est bien, p.44.

historique_117erit_citation
Historique du 117e Régiment d’Infanterie Territoriale, Août 1914 – Août 1918, p.44-45 – Source : BDIC

Pour en savoir plus, un petit tour sur le site Mémoire des Hommes s’impose. Manque de chance, cela tombe pendant la maintenance du site. Je vais devoir patienter quelques jours avant de savoir si le JMO du 117e RIT m’en apprendra plus…

Un peu par hasard, mais ne dit-on pas qu’il fait bien les choses, je suis tombée sur l’article de Sandrine Heiser sur les archives médicales hospitalières des armées paru dans la RFG de juin-juillet 2015. J’ai demandé le dossier médical de Frédéric au Service des archives médicales hospitalières des armées (SAMHA). J’ai reçu dès le lendemain un mail me disant que ma demande était prise en compte et qu’elle serait traitée dans un délai de 3 à 6 semaines. Je croise les doigts et attends avec impatience le résultat !

Je reviens à sa fiche matricule que je décide d’éplucher. Déjà, j’y découvre son signalement : il mesure 1,62 m – je suis plus grande que lui d’1 cm – il a les cheveux et les sourcils châtains clair, les yeux bleus. Ça, je peux assez facilement me faire une idée. Le fait qu’il ait le front bas, le nez long, la bouche moyenne, le menton rond et que son visage soit ovale, par contre, me laisse assez perplexe… J’ai bien essayé de faire un portrait-robot avec un des sites qu’on trouve en ligne mais je n’ai pas été convaincue, il me manquait trop d’éléments pour que ça soit réaliste. Ressemble-t-il à son père dont j’ai la photo ? Il semble avoir les mêmes yeux clairs, pour le reste…

Ensuite, j’ai relevé qu’il a eu beaucoup de résidences successives en peu de temps :

  • 7 mai 1899 : Nîmes, hameau de Saint Cézaire
  • 8 août 1900 : Aurillac, 64 rue du buis
  • 5 janvier 1901 : Carpentras
  • 11 janvier 1919 : Carpentras, 7 rue Suffrain
  • 23 février 1920 : Marseille, 60 cours Jauffe

Je décide de partir sur ses traces… et de le pister dans les recensements. Puisqu’il s’est marié à Carpentras, je commence par là. Direction le site des Archives départementales du Vaucluse. Les recensements sont bien en ligne, je commence par celui de 1901 puisque c’est la première date donnée par sa fiche matricule. Il y a deux secteurs : Nord et Sud. Après avoir épluché le secteur Nord sans trouver trace de mon Frédéric, un peu dépitée je passe au secteur Sud. Cette fois, il est bien là, au 8 boulevard du musée. Et il n’y habite pas tout seul !

19010501_altier-valencin-frederic_rec_84-carpentras
Recensement de population, Carpentras sud, 1901 (détail) – Source : AD 84

Ce qui veut dire que ce premier mariage n’a pas été reporté sur son acte de naissance. Comme quoi les mentions marginales ne sont pas une science exacte !

Compte tenu des éléments en ma possession, je parie qu’il s’est marié à Aurillac puisque c’est là qu’il résidait en 1900. Et vu l’âge de son épouse, encore mineure, je pense qu’ils sont jeunes mariés. Direction le site des Archives départementales du Cantal, le registre des mariages de l’année 1900 plus précisément. Et là, bingo !

mariages_aurillac_1900
Table annuelle des mariages de l’année 1900, Aurillac – Source : AD 15

J’avais le pressentiment que son mariage en 1916 n’était pas le premier… Je ne m’étais pas trompée ! Frédéric a convolé avec Anaïs Amadieu le 27 octobre 1900. Son père n’est pas présent au mariage, mais consentant, et sa mère est décédée depuis plusieurs années. Sa profession au moment de ce premier mariage est « voyageur de commerce » ce qui explique sûrement son changement fréquent de résidence mais pas depuis combien de temps il connait Anaïs…

En parallèle de ces recherches, j’ai demandé les actes de mariage aux mairies de Carpentras et de Marseille. Pour l’heure, je n’ai pas de retour de la première et j’ai reçu un courrier de la seconde me demandant de fournir une « preuve » de mon lien avec Frédéric. Or, si je ne me trompe pas, les délais me permettent d’obtenir cet acte sans démarche particulière. Suite au refus de la mairie, j’ai demandé cet acte aux Archives municipales de Marseille, on verra quelle est la réponse…

J’ai aussi demandé l’acte de décès à la mairie d’Aubagne et je viens de le recevoir. J’y apprends qu’il a divorcé de sa première deuxième épouse, Joséphine Valentine Henriette Gauthier. J’ai ajouté la recherche de la transcription du jugement de divorce sur ma to-do-list :

  • finir de détailler sa fiche matricule
  • consulter et étudier le JMO du 117e RIT
  • passer en revue les recensements de Nîmes pour trouver la composition de la famille de Frédéric en 1899
  • ceux de Carpentras, entre 1901 et 1919, pour voir si des enfants sont venus agrandir le ménage
  • passer en revue les tables décennales des naissances de Carpentras, en complément des recensements
  • chercher où trouver l’acte de consentement de Frédéric père pour le mariage de Frédéric fils
  • trouver si Frédéric a divorcé d’Anaïs ou si elle est décédée
  • trouver la transcription du divorce d’avec Joséphine Henriette
  • passer en revue les recensements de Marseille, à partir de 1920
  • réussir à obtenir l’acte de mariage avec Marion Lydie
  • trouver si des enfants sont nés de cette union
  • exploiter le dossier médical de Frédéric, si la recherche au SAMHA est fructueuse

Si vous, qui avez eu la patience et la gentillesse de me lire jusqu’au bout, avez connaissance d’éléments, d’informations ou de pistes à propos de Frédéric ou avez relevé des erreurs, n’hésitez pas à commenter cet article…

Rendez-vous dans quelques temps pour un épisode 2….


Sources :

Publicités

6 réflexions sur “Mon enquête sur Frédéric – épisode 1

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s