Un arbre pour racines

Quand une composition française de 1959 me raconte des photos anciennes

Publicités

Durant l’année scolaire 1958-1959, papa était en 6e moderne, division 2 à l’école militaire préparatoire de Billom. Pendant les grandes vacances, il avait envoyé plusieurs devoirs qui lui avaient été renvoyés, corrigés. Je viens de les trouver, dans une petite enveloppe glissée au milieu de ses livrets scolaires. Je vous en livre un, dont le sujet a particulièrement retenu mon attention, fautes comprises (!!!).

Sujet de composition française de 1959, école militaire préparatoire de Billom – Source : papiers de famille

Vous avez découvert de vieilles photographies de famille, rangées dans un album ou enfermées dans une boîte. Vous les regardez avec intérêt en demandant aux grandes personnes de votre entourage de vous aider à connaître, ou reconnaître, les différents visages saisis par l’objectif.

Composition française de 1959 – Source : papiers de famille

Un jour de pluie, en vacances chez ma grand-mère, je demandais l’autorisation de regarder dans une vieille armoire qui ne renferme que des archives. Ma grand mère qui ne sait jamais rien me refuser me l’accorde. Mon attention fut attirée par une boîte (format boîte de sucre) couverte de poussière, qui empéchait d’en deviner la couleur ficelée par une ficelle plutôt noircie que jaunie. Je la prenais dans mes mains et curieux d’en connaître le contenu, je l’ouvrais et je soulevais un petit papier tout fumé. Je découvrais des photos. Mais quelles photos ? Toutes plus ou moins palies, aux peintures effacées, les coins cornés, il y en a un grand nombre que je ne reconnaît pas. J’admire seulement les physionomies souriantes d’un couple de jeunes mariés devant la porte du temple, rieuses de deux petites filles qui sortent de l’école se tenant par la main, austère d’un vieillard assis sur un banc qui devait être un instituteur. J’en trouve qui me […]

Composition française de 1959 – Source : papiers de famille

[…] paraissent plus récentes, je demande à ma grand-mère de me donner quelques détails.

Tout d’abord c’est celle d’un grand-oncle mort glorieusement pour la France à St Die le 26 Mai 1916. Il est habillé en uniforme du 7e Génie. Il a une attitude bien militaire et semble se renfrogner. Placée à sa suite, c’est mon arrière grand’mère maternelle à 96 ans l’année de sa mort. Elle était encore bien droite et avait une figure joviale malgré les rides nombreuses, les cheveux blancs comme neige coiffée d’un petit foulard noué sous le menton, chaussée de pantoufles noires, l’objectif l’a saisie devant la porte de sa maison. Puis c’est mes grands-parents. Avec leurs 7 enfants, 4 garçons 3 filles. Je prends plaisir a regarder maman qui avait alors 4 ans. Ses cheveux bouclés retombaient sur ses tempes, une robe a carreaux un peu trop longue pour sa petite taille, des petits botillons, elle tenait la main de sa plus jeune sœur qui vêtue d’une brassière et de petits chaussons de laine était assise sur les genoux de mon grand-père. Mes oncles avait un costume gris, bleu et chaussés de galoches. Grand-père et grand’mère paraissaient heureux d’avoir autour d’eux cette magnifique famille et je ne pus m’empêcher de rire de les voir plus petits que ce que nous sommes aujourd’hui.

Je refermais et rangeais la boîte à regret car j’aurai voulu connaître tout le passé de ces personnes qui viennent de défiler sous mes yeux. Ses photos sont de beaux souvenirs qui restent et que l’on aiment toujours à revoir.

Je ne résiste pas à vous donner l’appréciation notée sur le devoir

Ce serait un bon devoir de 6e, qui plaît et où l’on sent la sincérité, si vous aviez su éviter quelques fautes de français dont les plus grosses sont : l’emploi des temps, l’emploi équivoque du relatif et surtout l’absence de verbe qui rend vos phrases incohérentes ; ou alors c’est la ponctuation qui ne convient pas.

Publicités