18 mois que tu es parti…
… et j’ai envie et besoin de parler de toi, papa.
Tu vois le jour le 4 mai 1947, à Saint-Jean-du-Gard (30), tu es le 4e d’une fratrie de 7, 6 garçons et 1 fille. Étienne, ton père, est gendarme et ta mère, Hélène, ne travaille pas. Avec une famille aussi nombreuse, cela n’est pas vraiment étonnant.
Tu ne vas pas vraiment profiter de ta jeunesse : dès l’âge de 6 ans, tu pars chez les enfants de troupe à Aix-en-Provence (tu ne rentres que pour les vacances). Tu y restes jusqu’à l’âge de 21 ans !

Tu as eu le courage de t’opposer à ton père (qui n’était pourtant pas facile) pour suivre ta vocation : devenir enseignant. Tu ne fais pas l’École normale mais tu réussis un CAP d’enseignant et tu pars en région parisienne faire tes armes…
Entre temps, tu as rencontré celle que je ne t’ai jamais entendu appeler autrement que « Puce ». Parce que tu es protestant, le curé de Sommières (30) n’a pas voulu célébrer ton union avec « Puce » qui, elle, est catholique. Qu’à cela ne tienne, vous vous mariez le 17 juillet 1972 à Saint-Jean-du-Gard.

Trois ans après, j’arrive 🙂

Et cinq ans plus tard, c’est au tour de ma sœur 🙂

Je l’ai dit, tu as toujours su que l’enseignement était pour toi une vocation. Pendant de nombreuses années, tu t’es dévoué pour tes élèves. D’abord dans la petite école de Parignargues (30). Tu as une classe unique – le meilleur système pour toi – dans laquelle tu as instauré une entraide entre les élèves : chaque « grand » est en quelque sorte le « modèle » d’un « petit », il n’y a pas de compétition mais une vraie stimulation. Chaque année, vous préparez le carnaval… En 1985, pour le thème des animaux, tu te fabriques un cou de girafe en papier mâché. Et en 1986, tu es Lucky Luke.


A la fermeture de l’école de Parignargues, tu es nommé à Lecques (30). Et là aussi, tu te dévoues pour tes élèves.

Tu restes à Lecques jusqu’à ta retraite. Une fois retraité, tu décides de vivre dans ton monde, plutôt à côté de nous qu’avec nous. Ça avait franchement le don de nous irriter, maman, ma sœur et moi… mais au moins, tu étais là. Ton petit-fils, avec son innocence d’enfant, t’a rendu le plus bel hommage.

Et il comptait tellement pour toi que tu as résisté de toutes tes forces jusqu’à ce qu’il rentre de vacances pour nous quitter, tu voulais lui dire au revoir. C’était il y a 18 mois aujourd’hui.
4 commentaires
permareperterrasblog
Un très beau billet, j’admire et imagine, images et émotion pendant l’écriture de ce billet. Impossible pour moi d’en faire autant.
Delph Valmalle
Merci. Effectivement, j’ai utilisé de nombreux mouchoirs en papier pendant l’écriture… Et ce matin, l’émotion était encore bien présente d’où l’envie de republier l’article…
mbruzac
Choix des images qui font de ce récit un souvenir émouvant .
sudiste78
Merci pour ce commentaire. Je suis heureuse d’avoir réussi à transmettre la sincère émotion qui était la mienne en écrivant ce billet, sans tomber dans le pathos…